Description
Book SynopsisLa publication des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) a projeté sur l’avant-plan la figure inquiétante du « salaud » (ou du « monstre », ou du « bourreau ») prenant la parole. Cette figure n’est pas inédite. Au début des années cinquante, Robert Merle avait déjà octroyé le monopole narratif au monstre par excellence que fut Rudolf Höss, le commandant d’Auschwitz. Même un Jean-Paul Sartre, dans une nouvelle célèbre parue en 1939, avait fait parler l’infâme. D’autres écrivains, à diverses époques et issus d’aires linguistiques différentes, n’ont pas hésité à mettre en place des dispositifs énonciatifs comparables, tels Jorge-Luis Borges, Alberto Moravia, Edgar Hilsenrath, Harry Mulisch ou Roberto Bolaño, parmi d’autres. Le présent volume s’interroge sur les stratégies d’interprétation que le lecteur peut mettre en œuvre face à ces prises de paroles dérangeantes. Qu’est-ce que l’abjection et comment lutter contre elle?
Table of ContentsSommaire Luc Rasson: Lire contre Du narrateur non-fiable Karen Haddad: Ethique et unreliable narrator Frank Wagner: De la friture sur la ligne Franc Schuerewegen: Brèves remarques sur le droit à l’indifférence Max Aue et cie Aurélie Barjonet: Lire avec et contre les salauds nazis Luc Rasson: Quand le nazi parle contre lui-même Albert Mingelgrün: Lire l’innommable nazi Luc Rasson: Le narrateur SS a-t-il lu Sade? Liran Razinsky: Bourreau et victime Du côté de l’auteur Etienne Barilier: Quand l’assassin, c’est l’écrivain Jean Kaempfer: Amor auctoris Résumés